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      " Envisager la miséricorde d’une manière nouvelle "

" Envisager la miséricorde d’une manière nouvelle "

Père Michel Leroy



Une année de la miséricorde voulue par le pape François.


Copie d’une interview parue dans le bimestriel Signes d’aujourd’hui n°241 ’’ La revue de la vie Liturgique’’

Le 8 décembre 2015 s’est ouvert l’Année de la miséricorde voulue par le pape François.
Dans sa paroisse de Saint-Pierre de l’Océan le Père Michel Leroy se prépare à vivre cette année particulière en cohérence avec diverses initiatives déja mises en place et centrées sur la réconciliation



Qu’est-ce qui caractérise votre paroisse ?

La paroisse Saint-Pierre-de-l’Océan est située dans une ville qui a une longue histoire industrielle et ouvrière. Saint-Nazaire est la ville des paquebots et des avions, avec Airbus. Notre paroisse est très marquée par le monde ouvrier mais nous avons aussi des paroissiens qui sont en responsabilité au sein de ces entreprises. Elle est située dans des quartiers qui se sont développés après la Seconde Guerre mondiale,
au moment de la reconstruction de la ville, avec de nombreux immeubles qui étaient destinés à l’accession à la propriété mais qui sont de plus en plus souvent occupés par des populations issues de l’immigration. Cette paroisse comprend trois églises et couvre une population de 30000 habitants.

Comment avez-vous reçu la proposition du pape François de vivre une année de la miséricorde ?

J’ai été partagé... À la fois heureux de cette initiative, qui est en lien avec ce que nous vivons dans notre diocèse, mais un peu inquiet parce que cela fait beaucoup de choses ! Nous n’aurons pas tout à fait terminé l’Année de la vie consacrée que commencera déjà l’Année de la miséricorde !

Par ailleurs,dans notre diocèse, nous sommes engagés dans une réflexion avec une lettre pastorale de notre évêque.
Ceci étant dit, nous avons réussi à trouver une cohérence car, dans sa lettre
pastorale, notre évêque nous proposait plusieurs orientations : la solidarité, la
réconciliation, l’ éducation, la catéchèse et la formation. Or, l’an passé dans notre paroisse, nous avions commencé à mettre en place des (Journées du pardon ) aussi appelées ( Fêtes de la réconciliation ). Cette initiative va sûrement trouver un écho particulier dans le cadre de L’Année de la miséricorde.

Qu’est-ce que la miséricorde ?

Il y a deux manières de l’envisager : du côté de Dieu et de notre côté.Je cite de mémoire une oraison qui dit " Dieu manifeste la plus haute preuve de sa puissance quand il patiente et prend pitié " . Ce qu’il y a de plus intime en Dieu et qui se manifeste tout au long de son histoire avec son peuple et avec l’humanité, c’est sa volonté d’entrer toujours plus en relation avec nous.Elle s’incarne dans le Christ qui vient appeler tous les hommes et tous les pécheurs. L’année prochaine, nous lirons l’évangile de Luc, qu’on appelle aussi l’évangile de la miséricorde et où se trouve la parabole du fils prodigue. La façon dont le père accueille son fils qui revient en dit long sur ce sujet.

Certains disent que la miséricorde, c’est une corde lancée à la misère...

Oui (rires), on peut trouver des tas de formules imagées et pédagogiques qui nous aident à réfléchir ! Rappelons aussi que "cordia" qui se trouve dans le mot miséricorde, c’est le cœur. Le cœur de Dieu veut toucher le cœur de l’homme qui a besoin d’être renouvelé. Mais on peut percevoir les choses de façon très différente si l’on se place du côté des hommes. Il me semble que l’on redécouvre la miséricorde grâce à saint Jean-Paul II, qui avait institué le dimanche de la miséricorde, même si les oraisons de ce dimanche en parlaient déjà. Ce terme a un côté un peu misérabiliste et péjoratif mais grâce à ce dimanche et à cette année, on l’envisagera
d’une manière nouvelle.

Comment sommes-nous appelés à pratiquer la miséricorde les uns vis à vis des autres ?

C’est un point très important auquel notre évêque nous a invités à réfléchir à la fois en instaurant des journées de réconciliation et en citant le pape François qui nous invite à la vivre au quotidien. Le dialogue et la réconciliation sont nécessaires et le sacrement de pénitence signifie que nous entrons dans cette démarche. C’est pour cela que, dans notre paroisse, nous essayons de nous associer à la proposition du pape, les " 24 heures pour Ie Seigneur "autour du 4e dimanche de Carême. Nous organisons donc une fête de la réconciliation au moment du Carême.
Concrètement, il s’agit d’un parcours dans l’une de nos églises, qui rassemble tous les groupes de notre paroisse, car la dimension communautaire est très importante. La préparation de cette journée mobilise une cinquantaine de personnes, qui sont des relais pour parler de ce temps fort à venir. Nous essayons d’y préparer également les enfants de la catéchèse. Auparavant, ils vivaient leur temps de réconciliation à part ; là, nous souhaitons vraiment qu’ils le vivent au sein de la communauté. Nous invitons aussi les jeunes qui se préparent au mariage pour qu’ils puissent goûter le pardon du Seigneur avant ce moment fort de leur existence. Il est essentiel de proposer des choses dans chaque groupe et d’entreprendre un travail pour rappeler ce qu’est le pardon du Seigneur et dire que cela se vit au quotidien, mais aussi en Église. Et ce temps de préparation, essentiel, culmine le jour de la Fête de la réconciliation.

Qu’est-ce que l’expérience de la miséricorde peut changer dans une vie ?

On voit bien que des hommes et des femmes qui ont fait cette rencontre à un moment donné de leur existence en sont totalement changés. II y a encore de vieilles idées qui ont cours sur la notion de pardon, de pécher, d’aller à confesse, etc. Mais quand des jeunes vivent cette expérience à travers un temps fort par exemple, ils perçoivent que Dieu est présent à jamais dans leur vie et qu’il les aime. Bien sûr, ce n’est pas systématique mais ça peut aller jusque-là. Cependant, certains nous demandent pourquoi mettre autant l’accent sur la réconciliation. Surgissent des questions sur la nécessité d’être pardonnés, sur le péché. Mais envisager les choses sous l’angle de ce que Dieu veut nous donner et de ce à quoi il nous invite à l’égard de nos frères, c’est très libérant, car cela décentre de soi.

Comment vivre cette expérience de miséricorde à travers les gestes de la liturgie ?

Peut-être en entrant dans une attitude d’humilité devant Dieu et devant les autres, sans culpabilité mais en vérité. Pour cela, il me semble que le signe de croix que l’on accueille sur soi est très fort. Le fait de s’incliner me semble aussi très parlant pour expérimenter la miséricorde car il s’agit de se mettre en état d’adoration et de respect vis-à-vis de Dieu. Le geste qui consiste à se frapper la poitrine peut aussi manifester que nous reconnaissons notre péché. Et puis le geste de paix ! Il a un sens très particulier auquel nous réfléchissons beaucoup dans nos groupes de travail. Il n’est pas toujours facile de donner un geste de paix à son voisin. Mais s’il est fait dans la foi, il provoque une réflexion, il pousse à s’interroger sur son sens profond. Reste la question du sens de ces gestes qui se pose de façon particulière actuellement. Dans nos communautés de croyants, certains pratiquent de façon régulière et beaucoup viennent de marnière occasionnelle. Il faut donc saisir toutes les occasions d’expliquer ces gestes, notamment lors des préparations au baptême. Je trouve qu’on a beaucoup progressé dans ce domaine. Et puis il faut penser à tous les âges et, dans le parcours que nous proposons, nous essayons de tenir compte aussi bien des plus anciens, dont la possibilité de déplacement est parfois limitée, que des ados, souvent mal à l’aise avec leur corps et à qui nous proposons des attitudes ou des gestes qui ne les gênent pas.

Propos recueillis par Véronique Alzieu

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